Ah, les jeux annulés… Ces fantômes pixélisés qui hantent nos rêves de gamers. On a tous une petite larme de pixel pour un titre qui aurait pu être, mais qui n'a jamais vu le jour. Mais il y en a un, mes amis, un seul, qui m’a fait plus de peine que la fin de ma cartouche de Dr. Pepper à 3h du mat’ ! Et non, je ne parle pas de Shenmue III avant qu’il ne ressuscite, ni de Duke Nukem Forever qui, lui, aurait peut-être dû rester un fantôme.

Non, moi, je vous parle d'un mythe, d'une légende urbaine qui sentait bon le nanar de science-fiction des années 80 : Batman vs. Aliens. Imaginez le pitch de fou furieux : Batman, le Chevalier Noir de Gotham, se retrouve à affronter des Xénomorphes. Oui, vous avez bien entendu. La chauve-souris contre le facehugger. Le détective gothique face à la reine Alien. On n’est plus dans l’ambiance sombre et torturée de Arkham City, là, on est dans le WTF cosmique !

Le projet, c'était un bébé de la glorieuse ère 16-Bit, sur la Super Nintendo. Des rumeurs, des artworks à peine esquissés, et une fascination collective pour cette idée saugrenue. On se voyait déjà, manette en main, distribuer des Batarangs dans la gueule d'un chestburster, utiliser le grappin pour éviter un essaim de drones, ou même, soyons fous, voir le Joker faire ami-ami avec un Predator ! (Ok, là je m’emballe, mais l’idée est là !).

Les développeurs de la boîte Argonaut (ceux qui nous ont offert Star Fox quand même, pas des peintres en bâtiment !) avaient pitché ça à Warner Bros. Et Warner… a dit non. Un non sec, catégorique, qui a brisé des millions de petits cœurs de pixels à travers les âges. On n'a eu droit qu'à quelques concepts, quelques bribes d'interviews, mais jamais au jeu.

Mais c'est ça qui est beau avec les jeux annulés, non ? Ils vivent dans notre Imagination, ils sont parfaits, sans bugs, sans DLC douteux, sans micro-transactions. Batman vs. Aliens, pour moi, c'est l'Everest du jeu qui n'a jamais été. Un sommet de Pure folie conceptuelle, où l'élégance de Gotham aurait rencontré l'horreur organique de LV-426. Un jeu qui aurait été soit un chef-d'œuvre incompris, soit le plus grand nanar de l'histoire du JV. Dans les deux cas, j’aurais signé des deux mains !

Alors, la prochaine fois que vous rêverez d'un crossover improbable, rappelez-vous que quelque part, dans les limbes du développement vidéoludique, Batman a failli botter des culs extraterrestres. Et ça, c'est une légende qui vaut bien tous les boss finaux du monde !