Ah, la guerre des consoles ! Un sujet aussi épineux qu'un hérisson en colère, et pourtant si délicieux à remâcher… Mais vous savez quoi ? Y'a pas que les boîtes qui se sont foutu sur la tronche. Des fois, c'est les jeux eux-mêmes, les pauvres petits polygones, qui se sont retrouvés à régler leurs comptes dans l'arène de l'e-sport.

Prenez la grande époque des jeux de baston, la fin des années 90, début 2000. Deux titans s'affrontaient à coups de uppercuts et de projections : Tekken et Street Fighter. D'un côté, le réalisme (relatif) des combats en 3D de Namco, avec ses coups de genoux à faire craquer des vertèbres. De l'autre, les figures emblématiques et les boules de feu stylisées de Capcom, en 2D, mais avec un panache qui défiait les lois de la physique.

Les fans se déchiraient. "Tekken, c'est pour les puristes ! Faut maîtriser les combos à la perfection !" clamaient les uns, l'œil rivé sur leur Kazuya. "Street Fighter, c'est l'âme du Combat ! La tactique avant tout !" répliquaient les autres, enchaînant les Hadokens avec Ryu. Les tournois étaient électriques, les arcades sentaient la transpiration et l'excitation. Des légendes sont nées des deux côtés, des joueurs au nom imprononçable devenant des stars mondiales à force de marteler des boutons.

Et le plus drôle dans tout ça ? Des années plus tard, ces rivaux d'antan ont fini par s'entendre, se sont même donné la main pour un crossover improbable et complètement déjanté : Street Fighter X Tekken. Un melting-pot de styles, un choc des univers où Jin Kazama pouvait envoyer un Spinning Bird Kick à Chun-Li. Imaginez le gamin que j'étais, les yeux ronds comme des jetons d'arcade, devant cet improbable mariage. C'était comme si Batman et Superman décidaient de faire un bébé. Sauf qu'à la place de la cape et du slip rouge, t'avais des prises de catch et des dragons uppercuts. Un véritable festin pour les yeux et les pouces endoloris ! Et au final, la seule chose qui a pris un coup, c'est mon portefeuille à force d'acheter des jeux… Mais ça, c'est une autre histoire.