Ah, les jeux annulés ! Ces fantômes numériques qui hantent nos playlists de souhaits, ces amours jamais consommés du joystick. Et si je vous disais qu'un jour, j'ai cru au Père Noël version Fable ? Préparez-vous à une histoire de promesses, d'IA un peu trop futée, et de mon cœur de gamer brisé en mille pixels.
Nous sommes en 2009. L'E3 bat son plein et Peter Molyneux, le magicien (ou le tisseur de rêves un peu trop ambitieux) de Lionhead Studios, nous dégaine une démo qui va faire plus de bruit qu'un troll sous un pont. Project Milo. Le pitch ? Une IA révolutionnaire, un enfant virtuel avec qui tu peux interagir grâce à la caméra de la Xbox 360, le tout nouveau Kinect. Tu lui parles, il te comprend. Tu lui montres un dessin, il le commente. Il est même censé "apprendre" de tes interactions.
Moi, le gamin qui a passé des heures à tenter de faire sourire un Tamagotchi, j'étais en pâmoison. Un gosse virtuel qui te répond ? Mais c'est le futur ! Je voyais déjà ma femme me regarder bizarrement pendant que je discutais météo avec Milo, lui racontais mes journées et lui apprenais à dire "t'es trop stylé, mon pote". Les promesses fusaient : Milo serait ton ami, ton confident, ton élève... bref, tout ce que ma peluche Pikachu n'avait jamais pu être.
Puis, le Silence. Non pas un silence assourdissant, plutôt celui d'un chat qui s'en va sans un mot, laissant derrière lui des croquettes vides et un cœur endeuillé. Project Milo, cette merveille de technologie censée révolutionner l'interaction humaine-machine, s'est transformé en légende urbaine, un "Et si...". On a eu droit à des explications alambiquées sur les difficultés techniques, le manque de budget, la complexité de l'IA. Mais au fond, je crois qu'il était juste trop beau pour être vrai. Milo nous a ghostés avant même d'avoir pu nous envoyer un premier SMS.
Alors aujourd'hui, quand je vois une nouvelle technologie d'IA promettre monts et merveilles, j'ai toujours un petit pincement au cœur. Est-ce que ce sera le vrai Milo, ou juste un autre coup de bluff de Molyneux ? Une chose est sûre : Project Milo restera à jamais mon "ami imaginaire" le plus technologique, une madeleine de Proust vidéoludique qui me rappelle que parfois, les jeux les plus légendaires sont ceux qui n'ont jamais vu le jour. Et ça, c'est vachement plus tragique que de se prendre un Red Shell dans mario Kart !