Les amis, on parle souvent des graphismes qui pètent la rétine aujourd'hui, mais vous vous rappelez du bon vieux temps où un carré blanc sur fond noir était la quintessence du "wow" ? On était jeunes, on était insouciants, et surtout, on n'avait pas encore eu le choc... du premier vrai méchant.
Parce que oui, avant que les Ganondorf, Sephiroth et autres Bowser ne viennent nous hanter nos nuits, il y a eu une première, une sorte de Patient Zéro du trouillomètre vidéoludique. Et il ne s'agissait pas d'un dragon cracheur de feu ni d'un alien gluant. Non, mes petits cornichons à pixels, il s'agissait… d'un gorille.
Ouais, un gorille. Mais pas n'importe lequel : Donkey Kong. En 1981, quand ce bon vieux Donkey a kidnappé la demoiselle Pauline (oui, avant Peach, il y avait Pauline, histoire de rappeler que les princesses, c’est comme les pokémons, faut toutes les attraper), on a assisté à une révolution. Pas seulement le saut, pas seulement les barrils... mais le concept même d'un *antagoniste récurrent*.
Avant ça, on tirait sur des soucoupes volantes anonymes dans Space Invaders, on gobait des pilules pour échapper à des fantômes sans nom dans Pac-Man. C'était fun, c'était addictif, mais il n'y avait pas de "personnage" à proprement parler qui vous en voulait personnellement. Pas de face-à-face, pas d'objectif clair de "botter les fesses de ce sale type".
Et là, débarque Donkey Kong, avec sa tête de primate énervé, son rictus, et surtout, sa capacité à vous mettre des bâtons dans les roues niveau après niveau. C'était la première fois qu'un jeu vidéo nous donnait un *ennemi juré*. Un adversaire avec une personnalité, des motivations (bon, enlever une fille, c'est pas très original, mais c'était le début !), et surtout, une présence constante.
Ce gorille malicieux, il a inauguré l'ère des boss, des méchants qu'on aime détester, et qui nous poussent à nous surpasser. Il a fait comprendre aux développeurs que les pixels pouvaient raconter des histoires, et que le joueur pouvait s'investir émotionnellement. Donc la prochaine fois que vous hurlez sur un boss qui vous a mis une tôle, pensez à Donkey. Il a ouvert la voie, même s'il ne savait pas encore que le futur allait lui réserver des bananes géantes et des tonneaux explosifs. Chapeau, l'artiste poilu !