Bienvenue à Agefield High, le nouveau titre de Velan Studios, édité par Nintendo, qui invite le joueur à revivre les années lycée. Prévu pour le 12 août 2026 sur Series X|S, PC et PS5, ce jeu d'aventure indépendant propulse le joueur au début des années 2000, avec trois mois cruciaux pour laisser une empreinte indélébile. L'ambition est claire : se rebeller avec ses amis, conquérir l'élu de son cœur et faire vibrer l'école. Une promesse de nostalgie et de liberté adolescente, mais la réalité du terrain est-elle à la hauteur de l'affiche ?
Prise en main et gameplay

Dès les premiers instants, Agefield High: Rock the School plonge le joueur dans une expérience qui se veut immersive. La liberté d'action pour "rébellion" est un atout indéniable, offrant des choix intéressants et une certaine agence sur le déroulement des événements. Les interactions entre amis sont un point fort, ajoutant une profondeur bienvenue au récit et permettant de tisser des liens qui influencent la suite de l'aventure. La narration, axée sur les relations sociales et amoureuses, est particulièrement prenante, incitant à s'investir émotionnellement dans le destin de son avatar et de ses acolytes.
Cependant, l'intelligence artificielle des PNJ manque cruellement de subtilité, brisant parfois l'illusion d'un monde vivant. Les personnages réagissent de manière prévisible et peu naturelle, ce qui peut nuire à l'immersion. De plus, la mécanique centrale de "rock the school", censée être le point culminant de l'expérience, manque d'originalité profonde. Elle se révèle assez basique et ne parvient pas à surprendre ou à réellement engager le joueur comme espéré. Il est dommage qu'une idée aussi prometteuse ne soit pas exploitée à son plein potentiel.
Direction artistique

La direction artistique d'Agefield High se veut un hommage direct aux débuts des années 2000, et sur ce point, le pari est réussi. L'ambiance est fidèlement recréée, des tenues aux objets du quotidien, pour une immersion réussie dans cette époque révolue. Le level design des couloirs du lycée est étonnamment bien pensé, offrant des environnements crédibles et propices à l'exploration et aux interactions. Les différents lieux clés du lycée sont reconnaissables et contribuent à renforcer le sentiment d'appartenance à cet univers.
Malheureusement, les graphismes datés nuisent à l'immersion visuelle espérée. Si le style peut être considéré comme une volonté artistique, la qualité technique des textures et des modèles 3D est en deçà des standards actuels, même pour un titre indépendant. Cela crée un décalage entre l'ambiance réussie et une réalisation visuelle qui peine à suivre, rappelant par moments des jeux d'une génération précédente. L'ensemble manque de finesse et de détails qui auraient pu sublimer l'effort de recréation d'époque.
Bande-son et ambiance sonore

La bande-son est sans conteste l'un des points forts majeurs d'Agefield High. La sélection de morceaux rock colle parfaitement à l'esprit rebelle du lycée et à l'époque dépeinte. Chaque titre renforce l'ambiance et accompagne idéalement les moments clés de l'aventure, des scènes de rébellion aux instants plus intimes. La musique est un véritable moteur d'immersion, transportant instantanément le joueur dans les années 2000.
Les bruitages et l'ambiance sonore générale contribuent également à l'authenticité de l'expérience. Les discussions dans les couloirs, le brouhaha de la cour de récréation, ou les sons spécifiques aux différentes salles de classe, tout participe à rendre le lycée vivant et crédible. L'ensemble forme une bulle sonore cohérente qui renforce le sentiment de revivre ses propres années lycée, même pour ceux qui n'ont pas connu cette décennie.
Contenu et durée de vie

Agefield High promet un potentiel de rejouabilité grâce aux différentes routes possibles, influencées par les choix du joueur et ses relations. Cette approche narrative ramifiée est louable et incite à recommencer l'aventure pour explorer d'autres scénarios et découvrir de nouvelles interactions. Les trois mois de jeu, qui représentent le temps imparti pour marquer l'école de son empreinte, offrent une structure claire et un objectif défini.
Cependant, la durée de vie du jeu semble malheureusement trop limitée. Malgré la rejouabilité offerte par les embranchements narratifs, l'aventure principale se boucle relativement vite. Les joueurs avides de contenu pourraient se sentir frustrés par la brièveté de l'expérience, qui ne permet pas d'explorer en profondeur toutes les facettes de la vie lycéenne ou de développer pleinement les relations avec tous les personnages. Quelques heures supplémentaires auraient été bienvenues pour étoffer l'ensemble.
Performance technique

Sur le plan technique, Agefield High rencontre quelques difficultés qui viennent gâcher l'expérience de jeu. Certains bugs techniques, bien que non bloquants, sont malheureusement présents et peuvent perturber l'immersion. Des problèmes de collision, des animations qui se figent ou des dialogues qui se chevauchent sont autant de petits accrocs qui rappellent que le jeu aurait mérité un temps de développement supplémentaire pour peaufiner sa réalisation.
Ces imperfections techniques, combinées aux graphismes datés évoqués précédemment, donnent l'impression d'un jeu qui n'a pas bénéficié d'une finition irréprochable. Pour un titre qui mise autant sur l'ambiance et la narration, ces soucis techniques sont d'autant plus préjudiciables, car ils rompent le charme et rappellent constamment que l'on est face à un jeu vidéo, plutôt que de permettre une immersion totale dans l'univers proposé.
Verdict

Agefield High: Rock the School tente de replonger le joueur avec nostalgie dans les couloirs d'un lycée des années 2000, et l'ambiance est effectivement son plus grand atout. La narration axée sur les relations et la bande-son rock sont de véritables réussites, créant une atmosphère crédible et engageante. Cependant, le jeu peine à concrétiser ses ambitions avec une réalisation technique en dents de scie, des graphismes datés et une IA perfectible. La durée de vie limitée et une mécanique de "rock the school" qui manque de punch empêchent le titre de briller pleinement. Le potentiel est là, mais l'exécution laisse un goût d'inachevé, comme une promesse de rébellion qui ne fait pas suffisamment de bruit.