Blackwood, la dernière production du studio Attrito M7 Productions, débarque sur PC le 16 septembre 2026. Ce titre promet une immersion audacieuse dans la peau d'un gérant de vidéoclub new-yorkais en 2012, qui troque sa casquette de cinéphile averti pour celle d'assassin impitoyable à la nuit tombée. Un mélange détonant de RPG, de stratégie et d'aventure qui intrigue par son concept de double vie et ses promesses d'action cinématographique.
Prise en main et gameplay

Dès les premières minutes, Blackwood impose son rythme. L'alternance entre la gestion du vidéoclub le jour et les missions d'assassinat la nuit s'avère être une mécanique centrale, ajoutant une couche stratégique indéniable. La gestion de cette double vie demande une certaine dextérité, l'équilibre entre les deux facettes du personnage étant crucial pour progresser. Les phases d'assassinat, quant à elles, sont le véritable cœur battant du jeu. Le gunplay se révèle d'une réactivité exemplaire, offrant une expérience de tir satisfaisante où chaque balle semble avoir son poids et son impact. Les échanges de tirs sont nerveux, précis, et l'arsenal mis à disposition permet d'aborder les situations de diverses manières.
Le combat rapproché, loin d'être un simple gadget, est brutal et particulièrement bien implémenté. Les takedowns sont viscéraux, graphiques, et confèrent une sensation de puissance indéniable lors des éliminations discrètes ou des affrontements au corps-à-corps. Ces moments d'une violence assumée sont marquants et participent grandement à l'ambiance sombre du titre. Cependant, l'intelligence artificielle des ennemis, bien que fonctionnelle, manque parfois de mordant. Les adversaires peuvent se montrer prévisibles ou réagir de manière inattendue, ce qui peut occasionnellement briser l'immersion. De même, la progression du personnage, bien qu'existante, aurait pu bénéficier d'une approche plus organique, pour un sentiment d'évolution plus naturel et moins scripté.
Direction artistique

La réalisation cinématique est l'un des atouts majeurs de Blackwood. Le jeu déploie une esthétique soignée, avec des plans de caméra dynamiques et une mise en scène qui n'a rien à envier aux productions hollywoodiennes. Cette approche immersive plonge le joueur au cœur de l'action, renforçant l'impact des moments clés. Les environnements new-yorkais de 2012 sont un véritable régal pour les yeux. Le level design est réussi, recréant avec brio l'atmosphère de la Grosse Pomme de l'époque, avec ses rues animées, ses enseignes lumineuses et ses recoins sombres propices aux activités nocturnes. Chaque quartier traversé possède sa propre identité visuelle, contribuant à la crédibilité de l'univers.
Malgré ces qualités indéniables, la narration peut parfois tomber dans des clichés du genre. Bien que l'histoire reste captivante, certains rebondissements et archétypes de personnages sentent le déjà-vu, empêchant le récit d'atteindre une originalité totale. Les missions secondaires, quant à elles, souffrent parfois d'un manque de profondeur. Bien qu'elles offrent des opportunités de prolonger l'aventure, leur intérêt peut varier, certaines se montrant moins inspirées que les quêtes principales.
Bande-son et ambiance sonore

La bande-son de Blackwood est un élément crucial qui participe activement à l'immersion. Les compositions musicales accompagnent parfaitement l'atmosphère tendue et le ton sombre du jeu. Elles soulignent les moments d'action intense avec des rythmes entraînants et les phases d'infiltration avec des mélodies plus discrètes et angoissantes. Chaque note semble avoir été pensée pour renforcer l'ambiance, créant une véritable synergie entre l'image et le son.
Les effets sonores ne sont pas en reste. Le bruit des armes, l'impact des coups, les dialogues et les sons d'ambiance de la ville de New York sont d'une grande qualité. Le mixage audio est précis, permettant de localiser les menaces et de s'immerger pleinement dans l'environnement sonore. Les bruits de la vie urbaine, des sirènes aux klaxons, en passant par les conversations lointaines, contribuent à donner vie à la ville et à renforcer le sentiment d'être au cœur de l'action.
Contenu et durée de vie

Blackwood propose un contenu substantiel pour les joueurs désireux de s'investir dans son univers. La campagne principale, avec son mélange unique de gestion diurne et d'assassinats nocturnes, offre un nombre d'heures de jeu respectable. La gestion de la double vie, avec ses dilemmes et ses opportunités, pousse à l'expérimentation et à la rejouabilité. Les objectifs liés à la gestion du vidéoclub, bien que moins spectaculaires que les missions d'assassinat, apportent une dimension stratégique bienvenue.
Cependant, comme mentionné précédemment, certaines missions secondaires manquent de profondeur. Elles peuvent parfois sembler répétitives ou moins inspirées, ce qui peut diluer l'intérêt global sur le long terme. Une plus grande variété dans les objectifs et les enjeux de ces quêtes annexes aurait permis d'enrichir davantage l'expérience et d'inciter à une exploration plus poussée. Néanmoins, l'envie de maîtriser les deux facettes du personnage et de découvrir les ramifications de l'intrigue principale maintient le joueur en haleine.
Performance technique

Sur le plan technique, Blackwood se montre globalement solide. Le moteur graphique gère les environnements détaillés de New York sans trop de difficultés, et les animations des personnages sont fluides et réalistes, notamment lors des combats et des takedowns. L'éclairage et les effets visuels contribuent à l'ambiance cinématographique recherchée par les développeurs.
Cependant, le jeu n'est pas exempt de quelques imperfections. Des bugs visuels mineurs peuvent ponctuellement gâcher l'immersion. Il peut s'agir de textures qui tardent à charger, de clipping ou de petits soucis d'affichage qui, sans être rédhibitoires, rappellent que le titre n'est pas parfait techniquement. Ces éléments, bien que non majeurs, peuvent parfois briser le contrat de confiance avec le joueur, surtout dans un jeu qui mise autant sur son ambiance et sa réalisation.
Verdict

Blackwood est une proposition audacieuse qui parvient à marier avec succès la gestion stratégique d'une double vie et l'action brutale d'un shooter cinématique. Le gunplay réactif et les combats rapprochés viscéraux sont de véritables points forts, portés par une direction artistique immersive et une bande-son envoûtante. Malgré quelques faiblesses, notamment une IA perfectible, une narration parfois convenue et des missions secondaires inégales, le jeu offre une expérience solide et mémorable. Attrito M7 Productions livre ici un titre avec un potentiel certain, qui plaira aux amateurs de sensations fortes et de scénarios sombres.
Blackwood obtient la note de 71/100.
Sylve (RPG et narration)